Orelsan + Gab
Accusé de tous les maux – misogynie, homophobie, apologie de la violence – Orelsan a commencé sa carrière sous les feux de la critique. Sa plume, acérée, ne fait certes pas dans la dentelle, mais révèle un sens de la formule imparable. Et le rappeur a évolué comme le prouve son nouvel album, Le chant des sirènes, qu'il présentera au Noumatrouff.
Orelsan, Aurélien Contentin de son vrai nom, est un rappeur atypique. Originaire de Caen, fils de prof, il a endossé le rôle du pauvre type, mal à l'aise dans ses baskets, qui n'a pas de succès avec les filles, et qui passe des « soirées ratées » comme l'exprime un des titres de son premier album, Perdu d'Avance, paru en 2009. Il y revendique sa « sous-culture » : jeux vidéo, film X, excès d'alcool et de cannabis, langage ordurier...
Il a déclenché l'ire des féministes et de certains politiques avec son titre Sale pute, uniquement visible sur Internet, où l'on pouvait par exemple entendre « T'es juste bonne à te faire péter le rectum » et autres sentences du même goût. Grosse polémique : la secrétaire d'état à la solidarité de l'époque Valérie Létard l'accuse d'inciter à la violence envers les femmes et Orelsan est déprogrammé de plusieurs festivals comme les Francofolies. A l'époque, Orelsan s'est excusé et plié à une petite explication de texte, mais remet aujourd'hui les points sur les i : « Merci quand même pour le coup du pub/Merci les Chiennes de garde pour le coup de pute » chante-t-il sur son nouvel album, Le chant des sirènes, sorti en 2011.
Des formules chocs
Dans ce nouvel opus, il évoque notamment l'industrie du disque et le danger du star système, lui qui a décidé de résister à la tentation de la musique facile, et d'évoluer quitte à perdre une partie de son public. Pas assagi pour autant et toujours pas bien pensant : « J'en ai marre de parler de sexe/J'sais que ta petite copine n'aime pas mes textes/Mais si j'écoutais toutes les juments, je ferai du rap équestre. » clame-t-il sur RaelSan. S'il parle toujours des filles, des ruptures, il s'oriente aussi vers des sujets plus difficiles : la mort dans Elle viendra quand même, la vie tragique d'une immigrée chinoise dans La petite marchande de Porte-clefs.
Avec son incroyable sens de la formule, il épingle les travers de la société. Dans Suicide social, un texte coup de poing, Orelsan se révèle être un parolier hors-pair dans la peau d'un suicidaire crachant sa haine de la société, et prouve qu'il a beaucoup de choses à dire. Bien sûr, il faut vouloir (ou savoir) les entendre...
03 89 32 94 10
Je.9 à 20h
12/20/23€

